Fort Carillon (1758)

En juillet 1758, les britanniques mettent en branle une armée de seize mille hommes, contre les forces de la Nouvelle-France. Cette armée est composée de six mille soldats de métiers issus de cinq régiments d'infanterie et d'un régiment de Highlanders. Les dix mille autres hommes, sont des miliciens coloniaux et des Mohawks placés sous le commandement du général Abercrombie.

Le général Abercrombie

james-abercrombie-by-ramsay-ca-1759-60.jpgCette armée qui se presse aux portes de la Nouvelle-France est la plus grande force jamais déployée sur le continent nord-américain. William Pitt l'ancien, premier ministre britannique en avait décidé ainsi, en annonçant sa politique coloniale : Canada must be reduced (le Canada doit être conquis). Face à la Nouvelle-Angleterre. la Nouvelle-France, (en vert) ne représente que quelques arpents de neige, selon Voltaire, le penseur rayonnant des Lumières...

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Les premières escarmouches avec les troupes anglaises commencent au matin du huit juillet au alors que les Rogers' Rangers et l'infanterie légère du colonel Thomas Gage font feu contre les troupes de la garnison. C'est donc dans ce contexte de la guerre de sept ans  que l'armée anglaise se met en branle contre le Fort Carillon (Actuel fort Ticonderoga, dans l'état de New-York).

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Vue du fort Carillon. Photo : Mohican Press

Le fort, érigé entre entre le Lac Champlain et le Lac Georges, et un endroit statégique situé aux frontières de la Nouvelle-France et de la Nouvelle-Angleterre.Il protège Montréal des invasions anglaises.

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Les premières escarmouches avec les troupes anglaises commencent au matin du huit juillet alors que les Rogers' Rangers et l'infanterie légère du colonel Thomas Gage font feu contre les troupes de la garnison.

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Photo : Colonial Bites

Le marquis de Montcalm et son ami le Chevalier de Lévis commandent aux troupes françaises et canadiennes qui sont quatre fois moins nombreuses que celles des assaillants britanniques. 

Montcalm dispose de trois brigades et d'une réserve. Il prend le commandement du Royal Roussillon et du Régiment de Berry qu'il place au centre des retranchements défensifs alors que de son côté, le chevalier de Lévis commande aux Régiment de Béarn, de Guyenne, et de la Reine, De son côté l'ingénieur du roy, François Charles de Bourlamaque, commande aux Régiment de la Sarre et de Régiment de Languedoc, qui protègent les flancs de l'armée française. Bientôt les troupes anglaises s'ébranlent contre le fort. Les miliciens de New York et du Massachusetts, accompagnent les Rogers' Rangers et l'infanterie légère du colonel Gage suivis par trois colonnes de réguliers. Sur le flanc droit le lieutenant colonel William Haviland commande au 27e au 60e régiments. Le lieutenant colonel John Donaldson se trouve au centre commandant au 44e et le 55e régiments, alors que sur le flanc gauche, le lieutenant colonel Francis Grant commande au 42e et 46e. Chaque colonne est précédée des régiments d'infanterie légère. À 12 heures 30, les régiments de New York attaquent les troupes françaises. Les 6 000 Tuniques rouges se mettent en marche contre le fort, accompagnés des 10 000 miliciens et de leurs alliés Mohawks. Cette marée humaine de 16 000 hommes impressionne les français quatre fois moins nombreux et qui attendent le moment fatidique ou le combat va s'engager.

Nerveux, Montcalm fixe du regard les bastions d'où il a fait pointer ses canons qui protègent partiellement ses flancs latéraux, car il n'a pu compléter la construction de la redoute de droite. Pour assurer une meilleure défense, le marquis a fait creusé des abattis, qu'il a lui-même aidé à creuser. Dans le secteur plat situé sur entre le flanc gauche et la rivière La Chute, la milice canadienne et une partie des troupes régulières, attendent en position défensive dans les abattis dont on peut voir les traces encore aujourd'hui au fort Carillon !

Le général Abercrombie a donné l'ordre à ses réserves du Connecticut et du New Jersey d'attaquer. Les troupes anglaises engagent le combat sous le feu nourris des français. L'odeur de la poudre et des fumées bleutées s'échappant des fusils se répandent peu à peu dans l'air moite de ce mois de juillet 58. Des soldats sont blessés, mutilés, d'autres meurent terrassés par le fer et le plomb. Il est près de 14 heures quand les barges anglaises font leur apparition sur les eaux de la rivière Lachute. Ces barges qui portent l'artillerie lourde, se rapprochent dangereusement des rives et du flanc gauche des lignes françaises. De son côté, le marquis donne l'ordre aux canons placé sur la redoute sud-ouest de tirer. Le vacarme est assourdissant ! Deux barges sont coulées mettant la flotte en déroute.

Pendant ce temps sur le champ de bataille les assaillants tenaces, progressent peu à peu. Il est près de 17:00 heures lorsque le 42e régiment du colonel Grant parvient péniblement sous les murailles du fort. Le marquis fait mettre la baïonnette au canon et les assaillants forcent en vain les lignes françaises. Le combat s'éternise. Le soleil pâlit à l'horizon et la pénombre s'installe peu à peu. Le général Abercrombie. réalisant que l'attaque est un échec, fait battre la retraite et ses troupes se dirigent hâtivement en direction du lac Saint-Sacrement (actuel lac George dans l'état de New York). À l'aube, après avoir traversé l'épaisse forêt qui entourait les environs du fort, l'armée anglaise vaincue, remonte les eaux du lac Saint-Sacrement en direction de la Nouvelle-Angleterre. Les troupes du marquis de Montcalm ont réussi à briser l'assaut britannique et c'est avec une force de 3600 hommes seulement que les 16 000 soldats anglais furent mis en déroute, assurant pour un temps la sécurité du territoire français.

Cette bataille, due au génie militaire du marquis de Montcalm, fut la plus sanglante des batailles a être livrée sur le continent Nord-Américain. Elle causa la mort de 3 000 personnes, dont 2 000 furent des victimes anglaises. Toutefois, une autre bataille attendait le marquis de Montcalm. Elle aurai lieu l'année suivante à l'automne 59 sur les Plaines d'Abraham à Québec !

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