Fort William Henry (1757)

Au début du mois d'aout 1757 l'Armée de Montcalm quitte Fort Carillon (actuel Fort Ticonderoga, dans l'état de New York) afin de contrer les attaques incessantes des colonies de la Nouvelle-Angleterre contre les forts de la vallée de l'Ohio.

La carte de Boucheette montre le lac Champlain, lieu d'affrontement entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre 

 Le 2 août, l'armée française met le cap sur le Fort William Henry situé au sud du lac Saint-Sacrement (actuel lac George dans l'état de New York). Montcalm a sous ses ordres 6 000 soldats et miliciens qui emportent avec eux 36 canons et 4 mortiers. Ils sont accompagnés par 600 guerriers Abénaquis, Hurons et Agniers. 

Les troupes débarquent sur les rives du lac dans la nuit du 2 au 3 août, sans être inquiétées par les troupes anglaises qui avaient négligé de fortifier le flanc ouest du fort, à cause des marécages qu'elles pensaient infranchissables.

La légende Great Swamp indique les marécages à proximité du Fort 

 Contre toute attente, Montcalm décide d'attaquer le fort par le nord-ouest. Il fait creuser des tranchées et construire un chemin d’accès pour ses troupes et ses pièces d'artillerie. Retranché dans le fort, le Lieutenant-colonel George Monroe commande à une garnison de 2 372 hommes. Montcalm déploie son artillerie qui pendant 3 jours progresse vers le fort causant de plus en plus de pertes dans les rangs de la garnison anglaise. Les amérindiens interceptent les messages, dont un provenant de Fort Edward sur les rives de l'Hudson (actuel Fort Edward NY), et qui annonce que Daniel Webb, le commandant du Fort Edward, ne peut porter secours à la garnison du Fort William Henry. Le 7 août, le marquis de Montcalm envoie son aide de camp, le capitaine Louis Antoine de Bougainville, négocier la reddition du Fort.

Deux jour plus tard, le Lieutenant-colonel George Monroe, accepte les termes de la reddition que lui propose le marquis de Montcalm. La garnison anglaise pourra quitter le fort en formation de parade avec ses couleurs déployées. Montcalm leur accorde même l'usage d'un canon, tout en gardant un officier britannique en otage. En retour de ces largesses, Monroe s'engage à ce que ses troupes n'entreprennent aucune offensive militaire contre la Nouvelle-France pendant une période de 18 mois. Sitôt la reddition signée, la garnison anglaise est attaquée par les Amérindiens qui réclament leur butin de guerre. Montcalm fait empêcher le massacre et le 9 août la garnison anglaise se met en route vers Fort Edward, escortée par une colonne française. Les Français brûlent le fort dans les heures qui suivent la reddition des Britanniques et le gros de l'armée retourne à Carillon. Le 10, les alliés amérindiens récidivent contre les britanniques et plusieurs soldats sont massacrés. Le 14 août les survivants arrivent sous escorte française à Fort Edward.

Des 2 308 soldats partis du Fort William Henry, seuls 1 783 arriverent vivants à Fort Edward. Ce fait d'armes inspirera l'écrivain James Fenimore Cooper dans son roman Le dernier des Mohicans.

Suite à ce massacre l'état-major britannique décida de pas accepter les termes de la capitulation et de ne plus accorder, les honneurs de la guerre aux troupes françaises. Néanmoins la victoire de Montcalm au fort William-Henry a contribué à sécuriser la Nouvelle-France contre les assauts de l'armée anglaise en cette année 1757.

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